vendredi 9 mai 2008

CATASTROPHE D'ANNIVERSAIRE


J'ai entrepris avec les élèves de la classe d'Eric l’écriture d’une historiette inspirée des personnages de Strongboy que je mets en ligne avec l'aimable autorisation d'Ilya Green. Il faut préciser que je n'avais pas montré le livre afin de ne pas conditionner les élèves. Ils n'avaient aucune idée de l'histoire originale.


J'avais simplement apporté ces marottes,


une photocopie agrandie des personnages, dans une pose qui me semblait évocatrice, contrecollée sur du carton rouge, découpée puis plastifiée.

En demi-groupe, les élèves ont donnés des noms aux personnages et des traits de caractère. Toutes les propositions étaient notées au tableau, lisibles par tous. Chacun a ensuite été invité à écrire une aventure. Les textes m'ont été remis. La démarche a été reproduite à l'identique avec le second demi-groupe. Pendant la récréation j'ai lu toutes les propositions et, "au pied levé" ai composé quelque chose que je leur ai lu à leur retour, en classe entière. J'ai intitulé l'histoire :

Catastrophe d’anniversaire

Sophie est une petite fille qui a des idées bizarres, très bizarres : elle collectionne les insectes. Elle en a de toutes sortes : des abeilles, des mouches, des fourmis.

Elle aura 9 ans demain. C’est son anniversaire et elle a invité toutes ses copines.

Pour que la fête soit plus drôle elle leur a demandé de venir déguisées. Et elle a enfilé un tee-shirt à son chat.

Rose est sa meilleure amie. Elle arrive avec une cagoule aux oreilles pointues. Elle a apporté une petite boite avec son cadeau dedans.

- Merci, dit Sophie. Qu’est-ce que c’est ?

- Miaou, répond Rose, qui joue son personnage à fond.

- Miaou ? répète Myrtille.

Sophie ouvre la boite et découvre … une araignée. Quelle joie ! Elle la met avec les insectes.

Arrive Lily, déguisée en eskimo, qui lui offre une pomme.

On chante Joyeux anniversaire …

Mais soudain c’est la catastrophe :

Théo, le petit frère jaloux ouvre la boite,

Une abeille pique le chat

L’araignée mange les mouches

L’oiseau qui guettait sur le rebord de la fenêtre mange les fourmis

Le chat mange l’araignée en couinant

Sophie a perdu sa collection !!!!


Petites précisions pour ceux qui connaissent Strongboy : Sophie est le nom que les élèves ont donné au personnage principal à cause du S de son maillot. Dans le livre, elle s'appelle Olga. Rose est Ana. Lily est Sophie (!) et Théo est Gabriel. Le chat a hérité du nom de Myrtille. Un chat sans nom cela n'était pas concevable pour les enfants.

vendredi 4 avril 2008

QUELLES BONNES RAISONS AURIONS-NOUS DONC D'ECRIRE ?


Si toute médaille a son revers, alors pourquoi tout frein n' aurait-il pas sa motivation ... ?
Car c'est difficile, et pourtant "ils" écrivent ...


1.En nous plaçant là encore en premier du côté de l'enseignant :
      • Pour le risque et le plaisir du challenge
      • Par avant-goût de la réussite des élèves sur un terrain présumé difficile
      • Par conscience professionnelle (l'écriture est un des axes des Instructions Officielles, et le sera de tous temps quelle que soit la réécriture des programmes)
      • Parce que c'est valorisant
      • Par goût du travail en équipe (avec des collègues qui se lanceraient dans la même aventure)
      • Pour recevoir la reconnaissance des parents, de l'institution, des partenaires (y compris des auteurs)
2.Et maintenant du point de vue de l'élève :
      • Avec fierté, surtout en maternelle
      • Par jeu
      • Pour partager
      • Parce qu'on y est encouragé, par son enseignant, sa famille . Ainsi Jean-Paul Sartre lui-même témoigne dans le chapitre Ecrire, des Mots, paru en 1964 chez Gallimard combien ont été déterminantes les opinions de sa mère et surtout de son grand-père quant à ce qu'il écrivait. D'ailleurs il avoue avoir commencé par un plagiat, pour être certain d'écrire "bien", puisque c'était déjà publié.
      • Par estime de soi
      • Pour atteindre la reconnaissance (qui va au-delà de l'encouragement). Sartre, toujours lui, cite son grand-père disant de lui "il a la bosse de la littérature"
      • Pour "faire-plaisir"
      • Par suite d'un déclic (j'aurai l'occasion de revenir sur ce point en racontant comment j'ai procédé avec des élèves d'élémentaire)
      • En se lançant dans un concours
3.Pour chacun
      • On peut avoir le goût d'écrire, en quelque sorte "gratuitement", comme on aurait celui de dessiner ou de chanter
      • On peut aussi écrire pour soi, pour réfléchir, faire le point. C'est ce qui motive la plupart des journaux intimes
      • Mais on écrit surtout pour être lu, et il est essentiel de considérer aussi cet axe en milieu scolaire

Ce répertoire n'est pas plus exhaustif que le précédent, consacré aux freins, et sera lui aussi enrichi au mois de juin 2008 lorsque le temps sera venu de faire un bilan de la recherche entreprise cette année.

lundi 24 mars 2008

POURQUOI EST-CE SI DIFFICILE D'ECRIRE ?

C'était les vacances. le moment idéal pour dégager du temps et faire avancer le dossier. Mais non. J'ai été victime du syndrome "Aujourd'hui peut-être, ou alors demain ..."

L'actualité pourtant m'a adressé plusieurs signes : le Scaphandre et le Papillon a obtenu un César et Renan Luce, chanteur de La Lettre deux Victoires de la Musique en catégorie Révélation. Des références qui figuraient dans la bibliographie d'Ecrire pour Dire et pour lesquelles voici les liens pour regarder les extraits des deux cérémonies :
Pendant ces vacances j'ai remis mes notes au propre mais je n'ai pas eu davantage de courage. Pourquoi l'avouer ? Mais parce que la difficulté à laquelle je me heurte me ramène au cœur de la problématique.

L'envoi d'une simple carte postale tourne à l'exploit.
En recevoir est un évènement.

J'avais cru que la carte postale électronique (lire l'article du 24 février dernier) doperait les énergies qui font défaut. Si cette bouteille à la mer est restée lettre morte c'est donc le bon moment pour récapituler les freins à l'écriture tels que je les avais communiqués au Salon de l'école:

1. Du côté de l'enseignant (car il faut bien d'abord se placer de son point de vue puisque à l'école c'est "théoriquement" lui qui décide des opérations)
      • le doute
      • le manque d'estime de soi : ai-je besoin moi-même de savoir (bien) écrire pour obtenir de bons résultats de mes élèves ? ... question que le professeur des écoles ne se pose jamais en sport ou en calcul mental ...
      • la crainte : pourvu que je ne fasse pas moi-même de fautes d'orthographe !
D'une façon générale il est difficile d'obtenir un écrit d'un enseignant (un projet, un bilan, un compte-rendu de conseil de cycle - une fiche de préparation ...) et ce n'est pas une question de bonne ou mauvaise volonté.

2. De l'élève
      • le lieu. Parce que vous pensez que c'est facile d'écrire dans le brouhaha d'une salle de classe, sous le regard de 30 autres personnes ? Marguerite Duras elle-même insiste sur cet aspect dans les premières pages d' Ecrire paru chez Gallimard, en1993: Cette maison, elle est devenue celle de l'écriture. Mes livres sortent de cette maison. De cette lumière aussi, du parc. De cette lumière réverbérée de l'étang. (...) J'avais enfin une maison où me cacher pour écrire des livres.
      • l'orthographe , surtout elle, mais aussi la grammaire et la syntaxe
      • un blocage inconscient face à l'écrit, qui réactive un épisode douloureux de l'histoire familiale (on s'en rend nettement compte dans La lettre déchirée, le roman d’Ella Balaert, Castor poche Flammarion, 1997, cité dans la bibliographie)
      • les remontrances, plus précisément l'accumulation des reproches formulés par les professeurs les années précédentes, comme nous en fait part Daniel Pennac dans Chagrin d'école, Gallimard, 2007
      • le jugement
      • l'absence de modèle familial : ne pas voir ses parents écrire, lesquels ne parviennent peut-être pas non plus à lire le français
      • a fortiori l'absence de modèle professoral : ne jamais voir la maîtresse écrire (si tout est préparé "en amont" sur ordinateur avec de belles typographies)
      • le pas envie
      • le pas le temps
      • le autre chose à faire
      • le rien à dire
      • l'angoisse de la page blanche, la difficulté à se lancer
      • les soucis d'outils, au sens large : quand papier, stylo ou ordinateur font défaut
      • les lignes de copie, de punition trop souvent données
      • l'association systématique "écrit = devoirs"
Ce répertoire n'est pas exhaustif et sera enrichi au mois de juin 2008 lorsque le temps sera venu de faire un bilan de la recherche entreprise cette année.

Nous verrons aussi dans un autre chapitre qu'il existe des motivations sur lesquelles on peut s'appuyer pour contrebalancer les freins.

dimanche 24 février 2008

CADEAU POUR LES VACANCES



Ce n'est pas un DEVOIR de vacances mais bien un cadeau.


Cliquez sur le lien pour choisir la carte postale que vous enverrez à vos amis





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Cette carte postale électronique vous est envoyée depuis le site du
Musée National des Arts asiatiques - Guimet
Le 24/02/2008 par Ecrire pour dire
Deux grues au bord d'un étang

Inde, début du XVIIe siècle, gouache sur papier

Heureuse découverte d'apprendre que 6 grands musées nationaux sont gratuitement ouverts depuis le 1er janvier pour 6 mois (merci Monique !) : le musée archéologique de St-Germain -en-Laye, le musée du Moyen-Age de Cluny (Paris) , celui des Arts et Métiers, du Bourget, le musée de la renaissance d’Ecouen et le musée Guimet.

Que ceux qui ne peuvent pas partir en vacances se réjouissent : ils pourront par exemple admirer les trésors de l'Asie sans investir davantage que le prix d'un billet de métro ou de RER.

Que ceux qui manqueraient de courage pour sortir en profitent au moins pour envoyer une carte postale à leurs amis. Sans besoin de prétexter le manque de carte, d'enveloppe, ni même de stylo qui sont autant de freins à écrire.

Tout est virtuel mais le plaisir est bien réel !

mercredi 20 février 2008

ECRIRE POUR DIRE, pourquoi avoir choisi cet intitulé ?

En choisissant la dénomination Ecrire pour Dire pour désigner l’atelier j’ai probablement été plus ou moins inconsciemment influencée par des livres que j’avais lus, ou des chansons qui m’avaient touchées (par exemple Les mots pour le dire de Marie Cardinal, chez Grasset 1975, l’album Mots pour Maux de Johnny Hallyday, nos Maux d’amour de Michel Polnaref (compilation des titres de 1966-1972 sortie en 1999).

C’est comme pour le choix d’un prénom. On croit être original en appelant son enfant si c’est une fille Léa, Manon ou Chloé ou si c’est un garçon Enzo, Lucas ou Théo pour s’apercevoir que ce sont les prénoms les plus attribués actuellement.

Ecrire pour Dire, trois petits mots qui composent une allitération dynamique (figure de style dans laquelle un son consonantique est répété dans plusieurs mots proches, comme Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches ?, ou en publicité Du beau, du bon, Dubonnet, ou des noms de marques Coca-Cola, Big Ben, Mickey Mouse …) pour signifier que lorsque la parole est impossible ou trop difficile, c’est l’écriture qui permettra de véhiculer le message.

C’est précisément quand c’est difficile que le recours à l’écrit est le plus nécessaire, et seul capable d’apporter une vraie valeur libératoire, cathartique.

J’aurais pu choisir Ecrire pour communiquer, Ecrire pour transmettre, c’était un peu lourd. Ecrire pour dire s’est insinué sous ma plume comme trois petites notes de musique en contrepoint de l’expression populaire Parler pour ne rien dire.

Un clin d’œil pour souligner qu’il n’allait pas être question d’écrire dans le vide mais bien pour porter un message. Le délai était court pour envoyer mon texte au CDDP. C’est parti comme cela. Et la lecture de multiples articles de spécialistes est venue conforter mon choix … jusqu’à ce que je lise l’affirmation apparemment contradictoire dans un texte d’Evelyne Charmeux intitulé dans la rubrique Apprendre à écrire / Pour une pédagogie efficace de la production d’écrits (voir http://www.charmeux.fr/ecritpeda.html) trouvé sur son site http://www.charmeux.fr/ où elle s’insurge contre l’exercice de la rédaction en certifiant que on n’écrit pas pour DIRE, mais toujours pour AGIR sur celui avec qui on communique.

C’est un article de fond auquel je souscris totalement. Elle formalise, mieux que je ne pourrais le faire une réflexion très fine sur la production d’écrits. Elle met en avant le fait qu’on n’écrit pas pour dire, au sens de parler, bavarder. Elle insiste sur la fonction de l’écrit qui n’a de sens que si on cherche à communiquer « pour de vrai », en plaçant les élèves dans des situations réelles de communication, ce qui est rarement le contexte de la rédaction ou du texte dit libre et jamais avec un travail de copie ou de dictée.

Je souscris totalement à cette opinion. Nous sommes d’accord sur le fait qu’on n’écrit pas « en l’air ». Et nous sommes là pour prouver aujourd’hui que dès lors qu’on place les élèves dans de telles situations cela marche. Même si les résultats sont modestes.

Bien sûr qu’on n’écrit pas comme on parle. Il n’y a aucun conflit de mots donc entre Evelyne Charmeux et moi. Elle m'a donné l'autorisation de faire référence à ses écrits très vite et fort aimablement Je ne peux donc que vous inviter à la lire dans le texte en suivant les liens ci-dessus.

La découverte du site d'Evelyne Charmeux peut se prolonger sur son blog, qui derrière l'intitulé le blog de l'amie scolaire, cache des articles écrits comme autant de coups de coeur ou de griffe, comme par exemple celui-ci qu'elle vient de m'adresser à propos de la réforme annoncée de la grammaire: Jargon et grammaire, ou quand celui qui jargonne n'est pas vraiment celui qu'on pense...


LA GENESE DU PROJET


Présentation de l’Atelier devant les participants au Salon de l’école, le mercredi 30 janvier 2008

Tout a commencé ici, à Antony, au cours d’un stage auquel je n’aurais jamais du participer, mais

  • Il y avait eu appel de candidatures pour le « sauver »
  • C’était le seul auquel je pouvais prétendre en terme de dates puisque j’étais alors déchargée par une PE2 en stage filé qui ferait parallèlement son stage en responsabilité à même période
  • J’avais mal lu le libellé
  • J’étais donc inscrite un peu par erreur (cela concernait l’écrit en cycle 3)
  • Il y avait des temps morts comme cela arrive parfois…

Par contre

  • Il y avait une excellente ambiance
  • Je n’étais pas un cas isolé. Nous étions nombreuses « égarées » là
  • Je me suis aperçue que l’expérience de la maternelle était transposable au cycle 3
  • On guettait les résultats du « mouvement » et j’ai eu connaissance de ma nomination dans une nouvelle école à la rentrée 07/08
  • J’ai appris que le prochain Salon serait consacré à l’écriture
  • Je regrettais de ne pas avoir osé participer il y a six ans quand j’avais été sollicitée par un professeur de français pour présenter une recherche sur l’utilisation de l’album au cycle 3. (à cette époque je ne me sentais pas du tout de taille à pouvoir me présenter devant des collègues)
  • Je me sentais davantage prête même si cela m’affolait un peu
  • Je venais de renoncer à m’engager dans le processus du CAFIPEMPF mais je conservais l’envie de faire une recherche
  • Marie-Noëlle Rolland, Commissaire du Salon et professeur à l‘iufm de Versailles, me faisait confiance
  • J’ai monté un dossier et demandé un stage filé pour mener la recherche sans empiéter sur mon temps de décharge. Mes deux inspectrices (de ma circonscription d’alors et de la future) ont donné leur aval.
  • J’avais un accord de principe de l’équipe d’une école où j’avais enseigné quatre ans auparavant.

J’ai eu la réponse de l’inspection académique en septembre. Isabelle, ancienne collègue, m’a dit « banco » la première. Eric nous a vite rejointes dans l’aventure. Nous avons avancé pas à pas.

Nous ne pensions pas être dans une totale innovation. Mais nous avions envie toutes les deux de retravailler ensemble. C’est souvent le cas quand deux classes se lancent dans de la correspondance. J’ai recueilli de multiples expériences qui se sont construites sur cette base.

Il y avait deux originalités, dont une ne pourrait pas se répéter une année suivante :

- l’idée était de faire une correspondance entre deux écoles et non entre deux classes

- de correspondre avec en particulier des élèves dont j’avais été la maîtresse de maternelle

Le projet s’inscrivait dans une réflexion sur la continuité maternelle/élémentaire, bien élargie par rapport à la liaison GS/CP.

Le but de la recherche était d’explorer les freins et motivations à l’écriture (au sens de production d’écrit) et d’étudier s’il existait un lien entre des difficultés d’apprentissage constatées en cycle 3 et une amnésie pédagogique puisqu’en fin de maternelle les élèves font majoritairement preuve de compétences acquises dans le domaine.

Pourquoi ces compétences se perdraient-elles ensuite en route ? Les blocages sont-ils du côté de l’élève, de l’enseignant, du cadre, ou y a t il un peu de tout cela et d’autre chose encore ? Nous savions que nous n’allions pas révolutionner l’enseignement de la production d’écrits. Nous sommes trop respectueux du travail mené avant nous par célestin Freinet, le groupe d’Ecouen ou par Mireille Brigaudiot.

Nous voulions « apprendre à faire tout seuls » comme le disait si bien Maria Montessori et très franchement je remercie l’institution de m’avoir permis de le faire, même si je n’ai en réalité pas vraiment profité du temps offert par le stage filé. Nous avons vécu des émotions assez fortes qui nous ont donné envie de continuer et même de prolonger une seconde année si c’est possible.

Evidemment nous avons rencontré quantité de problèmes :

  1. La question de l’emploi du temps puisque Isabelle est en stage filé le même jour que moi, à savoir le mardi, et avec obligation d’aller à Boulogne ces jours-là. Je n’allais évidemment pas mener la recherche avec la PE 2 de sa classe
  2. Etant déchargée 3 jours par semaine, et ayant une PE2 dans ma classe le 4ème, je pouvais « techniquement » organiser mon emploi du temps pour me dégager un autre jour … sauf que l’école dont je suis directrice est tellement lourde à gérer que je me culpabilisais de m’absenter. Si bien que je n’ai réussi à la quitter que sur 3 demi-journées seulement entre septembre et fin janvier. Heureusement que le sujet était la correspondance !
  3. Nous avons subi des pannes informatiques, des problèmes de transmission de données. Là encore on a été aidées du fait qu’une des enseignantes de mon école a un enfant scolarisé dans l’autre. Elle a joué le facteur pour gagner du temps.
  4. Les stages filés sont interrompus 3 semaines pendant les stages de responsabilité, et sans remplacement cette année. Je suis donc bloquée dans mon école depuis avant Noël. Et plus encore puisque j’ai du remplacer la PE 2 et prendre une classe que je connaissais mal. Et encore davantage puisque je suis en cours d’inspection. Si bien que même hier, alors que le stage filé reprenait je n’ai pas pu me consacrer à l’intervention de ce matin et revoir Isabelle.
  5. Finalement ce sont deux enseignants (deux classes) de mon ancienne école qui se sont investis. Aucune de ma propre école. D’abord parce que les enseignantes « attendaient » de recevoir du courrier pour en renvoyer. Ensuite parce qu’il y a un taux de rotation hors normes qui complique beaucoup la continuité des apprentissages et des projets. Nul n’est prophète en son pays …
  6. Parce que aussi il y a beaucoup (beaucoup trop ?) de projets à mener de front : Les sorties régulières en médiathèque, ludothèque, centre culturel
    Les spectacles au théâtre municipal
    Les sorties en forêt, une par saison
    Le prix littéraire et la fête de la lecture
    Ecole et cinéma
    Lire et faire lire
    Sans compter la piscine au troisième trimestre
  7. La date du Salon de l’école (30 janvier) arrive très tôt dans l’année scolaire et nous n’avons pas fini l’expérimentation. Mais se heurter au principe de réalité n’est pas une surprise en soi pour des enseignants ...

Par hypothèse nous nous étions refusés à anticiper des résultats. Donc nous n’avions pas d’outils d’évaluation. Si on regarde la quantité produite on a de quoi être déjà satisfaits.

Si on mesure l’investissement des élèves aussi. Ainsi, tous les élèves ont participé, et ils en redemandent …


dimanche 10 février 2008

AU PIED DE LA LETTRE

Ce n’est pas parce qu’on a une pratique régulière de la dictée à l’adulte que l’enseignant peut solliciter ses élèves pour écrire une lettre avec succès. Ainsi en témoigne ce dialogue, inspiré d’une mésaventure où mon amie Claire a joué le rôle principal.

Attention, pour savourer les dialogues il vous faut les lire à haute voix.

Les élèves de Moyenne Section (4 ans) avaient fait des cartes de vœux pour les parents. Il en restait plusieurs. La maîtresse proposa d’en écrire une. A qui ? Les élèves furent unanimes pour demander à écrire à Vincent, l’élève qui avait déménagé le mois précédent:

La maîtresse : on va écrire une lettre à Vincent. Je vous écoute. Comment est-ce qu’on peut commencer une lettre ?

Justine : C

La maîtresse écrit C’est

Pierre : S

La maîtresse efface et écrit au tableau Est-ce

Noriane : Q

La maîtresse reprend l’élève : on dit Est-ce que

Ibrahim : T

La maîtresse ajoute t’es. On peut lire au tableau Est-ce que t’es

Puis, après un long silence, elle relance les élèves : Bon, t’es quoi ?

Elle regarde la classe et ne peut s’empêcher de juger : Mais çà ne veut rien dire. Je ne peux pas écrire une lettre comme çà !
Elle doit avoir un regard implorant parce que la petite Khoury lance à tout hasard X

La maîtresse comprend alors ce que le mot lettre signifie pour ses élèves : la suite de l’alphabet … tout simplement …

Et que plusieurs sont homonymes de mots, pouvant créer des quiproquos comme par exemple

C E G D H L M O P R S T qui peuvent s’entendre comme

C’est euh j’ai des hache elle aime eau pet air est-ce t’es