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vendredi 9 mai 2008

CATASTROPHE D'ANNIVERSAIRE


J'ai entrepris avec les élèves de la classe d'Eric l’écriture d’une historiette inspirée des personnages de Strongboy que je mets en ligne avec l'aimable autorisation d'Ilya Green. Il faut préciser que je n'avais pas montré le livre afin de ne pas conditionner les élèves. Ils n'avaient aucune idée de l'histoire originale.


J'avais simplement apporté ces marottes,


une photocopie agrandie des personnages, dans une pose qui me semblait évocatrice, contrecollée sur du carton rouge, découpée puis plastifiée.

En demi-groupe, les élèves ont donnés des noms aux personnages et des traits de caractère. Toutes les propositions étaient notées au tableau, lisibles par tous. Chacun a ensuite été invité à écrire une aventure. Les textes m'ont été remis. La démarche a été reproduite à l'identique avec le second demi-groupe. Pendant la récréation j'ai lu toutes les propositions et, "au pied levé" ai composé quelque chose que je leur ai lu à leur retour, en classe entière. J'ai intitulé l'histoire :

Catastrophe d’anniversaire

Sophie est une petite fille qui a des idées bizarres, très bizarres : elle collectionne les insectes. Elle en a de toutes sortes : des abeilles, des mouches, des fourmis.

Elle aura 9 ans demain. C’est son anniversaire et elle a invité toutes ses copines.

Pour que la fête soit plus drôle elle leur a demandé de venir déguisées. Et elle a enfilé un tee-shirt à son chat.

Rose est sa meilleure amie. Elle arrive avec une cagoule aux oreilles pointues. Elle a apporté une petite boite avec son cadeau dedans.

- Merci, dit Sophie. Qu’est-ce que c’est ?

- Miaou, répond Rose, qui joue son personnage à fond.

- Miaou ? répète Myrtille.

Sophie ouvre la boite et découvre … une araignée. Quelle joie ! Elle la met avec les insectes.

Arrive Lily, déguisée en eskimo, qui lui offre une pomme.

On chante Joyeux anniversaire …

Mais soudain c’est la catastrophe :

Théo, le petit frère jaloux ouvre la boite,

Une abeille pique le chat

L’araignée mange les mouches

L’oiseau qui guettait sur le rebord de la fenêtre mange les fourmis

Le chat mange l’araignée en couinant

Sophie a perdu sa collection !!!!


Petites précisions pour ceux qui connaissent Strongboy : Sophie est le nom que les élèves ont donné au personnage principal à cause du S de son maillot. Dans le livre, elle s'appelle Olga. Rose est Ana. Lily est Sophie (!) et Théo est Gabriel. Le chat a hérité du nom de Myrtille. Un chat sans nom cela n'était pas concevable pour les enfants.

vendredi 4 avril 2008

QUELLES BONNES RAISONS AURIONS-NOUS DONC D'ECRIRE ?


Si toute médaille a son revers, alors pourquoi tout frein n' aurait-il pas sa motivation ... ?
Car c'est difficile, et pourtant "ils" écrivent ...


1.En nous plaçant là encore en premier du côté de l'enseignant :
      • Pour le risque et le plaisir du challenge
      • Par avant-goût de la réussite des élèves sur un terrain présumé difficile
      • Par conscience professionnelle (l'écriture est un des axes des Instructions Officielles, et le sera de tous temps quelle que soit la réécriture des programmes)
      • Parce que c'est valorisant
      • Par goût du travail en équipe (avec des collègues qui se lanceraient dans la même aventure)
      • Pour recevoir la reconnaissance des parents, de l'institution, des partenaires (y compris des auteurs)
2.Et maintenant du point de vue de l'élève :
      • Avec fierté, surtout en maternelle
      • Par jeu
      • Pour partager
      • Parce qu'on y est encouragé, par son enseignant, sa famille . Ainsi Jean-Paul Sartre lui-même témoigne dans le chapitre Ecrire, des Mots, paru en 1964 chez Gallimard combien ont été déterminantes les opinions de sa mère et surtout de son grand-père quant à ce qu'il écrivait. D'ailleurs il avoue avoir commencé par un plagiat, pour être certain d'écrire "bien", puisque c'était déjà publié.
      • Par estime de soi
      • Pour atteindre la reconnaissance (qui va au-delà de l'encouragement). Sartre, toujours lui, cite son grand-père disant de lui "il a la bosse de la littérature"
      • Pour "faire-plaisir"
      • Par suite d'un déclic (j'aurai l'occasion de revenir sur ce point en racontant comment j'ai procédé avec des élèves d'élémentaire)
      • En se lançant dans un concours
3.Pour chacun
      • On peut avoir le goût d'écrire, en quelque sorte "gratuitement", comme on aurait celui de dessiner ou de chanter
      • On peut aussi écrire pour soi, pour réfléchir, faire le point. C'est ce qui motive la plupart des journaux intimes
      • Mais on écrit surtout pour être lu, et il est essentiel de considérer aussi cet axe en milieu scolaire

Ce répertoire n'est pas plus exhaustif que le précédent, consacré aux freins, et sera lui aussi enrichi au mois de juin 2008 lorsque le temps sera venu de faire un bilan de la recherche entreprise cette année.

lundi 24 mars 2008

POURQUOI EST-CE SI DIFFICILE D'ECRIRE ?

C'était les vacances. le moment idéal pour dégager du temps et faire avancer le dossier. Mais non. J'ai été victime du syndrome "Aujourd'hui peut-être, ou alors demain ..."

L'actualité pourtant m'a adressé plusieurs signes : le Scaphandre et le Papillon a obtenu un César et Renan Luce, chanteur de La Lettre deux Victoires de la Musique en catégorie Révélation. Des références qui figuraient dans la bibliographie d'Ecrire pour Dire et pour lesquelles voici les liens pour regarder les extraits des deux cérémonies :
Pendant ces vacances j'ai remis mes notes au propre mais je n'ai pas eu davantage de courage. Pourquoi l'avouer ? Mais parce que la difficulté à laquelle je me heurte me ramène au cœur de la problématique.

L'envoi d'une simple carte postale tourne à l'exploit.
En recevoir est un évènement.

J'avais cru que la carte postale électronique (lire l'article du 24 février dernier) doperait les énergies qui font défaut. Si cette bouteille à la mer est restée lettre morte c'est donc le bon moment pour récapituler les freins à l'écriture tels que je les avais communiqués au Salon de l'école:

1. Du côté de l'enseignant (car il faut bien d'abord se placer de son point de vue puisque à l'école c'est "théoriquement" lui qui décide des opérations)
      • le doute
      • le manque d'estime de soi : ai-je besoin moi-même de savoir (bien) écrire pour obtenir de bons résultats de mes élèves ? ... question que le professeur des écoles ne se pose jamais en sport ou en calcul mental ...
      • la crainte : pourvu que je ne fasse pas moi-même de fautes d'orthographe !
D'une façon générale il est difficile d'obtenir un écrit d'un enseignant (un projet, un bilan, un compte-rendu de conseil de cycle - une fiche de préparation ...) et ce n'est pas une question de bonne ou mauvaise volonté.

2. De l'élève
      • le lieu. Parce que vous pensez que c'est facile d'écrire dans le brouhaha d'une salle de classe, sous le regard de 30 autres personnes ? Marguerite Duras elle-même insiste sur cet aspect dans les premières pages d' Ecrire paru chez Gallimard, en1993: Cette maison, elle est devenue celle de l'écriture. Mes livres sortent de cette maison. De cette lumière aussi, du parc. De cette lumière réverbérée de l'étang. (...) J'avais enfin une maison où me cacher pour écrire des livres.
      • l'orthographe , surtout elle, mais aussi la grammaire et la syntaxe
      • un blocage inconscient face à l'écrit, qui réactive un épisode douloureux de l'histoire familiale (on s'en rend nettement compte dans La lettre déchirée, le roman d’Ella Balaert, Castor poche Flammarion, 1997, cité dans la bibliographie)
      • les remontrances, plus précisément l'accumulation des reproches formulés par les professeurs les années précédentes, comme nous en fait part Daniel Pennac dans Chagrin d'école, Gallimard, 2007
      • le jugement
      • l'absence de modèle familial : ne pas voir ses parents écrire, lesquels ne parviennent peut-être pas non plus à lire le français
      • a fortiori l'absence de modèle professoral : ne jamais voir la maîtresse écrire (si tout est préparé "en amont" sur ordinateur avec de belles typographies)
      • le pas envie
      • le pas le temps
      • le autre chose à faire
      • le rien à dire
      • l'angoisse de la page blanche, la difficulté à se lancer
      • les soucis d'outils, au sens large : quand papier, stylo ou ordinateur font défaut
      • les lignes de copie, de punition trop souvent données
      • l'association systématique "écrit = devoirs"
Ce répertoire n'est pas exhaustif et sera enrichi au mois de juin 2008 lorsque le temps sera venu de faire un bilan de la recherche entreprise cette année.

Nous verrons aussi dans un autre chapitre qu'il existe des motivations sur lesquelles on peut s'appuyer pour contrebalancer les freins.

mercredi 20 février 2008

ECRIRE POUR DIRE, pourquoi avoir choisi cet intitulé ?

En choisissant la dénomination Ecrire pour Dire pour désigner l’atelier j’ai probablement été plus ou moins inconsciemment influencée par des livres que j’avais lus, ou des chansons qui m’avaient touchées (par exemple Les mots pour le dire de Marie Cardinal, chez Grasset 1975, l’album Mots pour Maux de Johnny Hallyday, nos Maux d’amour de Michel Polnaref (compilation des titres de 1966-1972 sortie en 1999).

C’est comme pour le choix d’un prénom. On croit être original en appelant son enfant si c’est une fille Léa, Manon ou Chloé ou si c’est un garçon Enzo, Lucas ou Théo pour s’apercevoir que ce sont les prénoms les plus attribués actuellement.

Ecrire pour Dire, trois petits mots qui composent une allitération dynamique (figure de style dans laquelle un son consonantique est répété dans plusieurs mots proches, comme Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches ?, ou en publicité Du beau, du bon, Dubonnet, ou des noms de marques Coca-Cola, Big Ben, Mickey Mouse …) pour signifier que lorsque la parole est impossible ou trop difficile, c’est l’écriture qui permettra de véhiculer le message.

C’est précisément quand c’est difficile que le recours à l’écrit est le plus nécessaire, et seul capable d’apporter une vraie valeur libératoire, cathartique.

J’aurais pu choisir Ecrire pour communiquer, Ecrire pour transmettre, c’était un peu lourd. Ecrire pour dire s’est insinué sous ma plume comme trois petites notes de musique en contrepoint de l’expression populaire Parler pour ne rien dire.

Un clin d’œil pour souligner qu’il n’allait pas être question d’écrire dans le vide mais bien pour porter un message. Le délai était court pour envoyer mon texte au CDDP. C’est parti comme cela. Et la lecture de multiples articles de spécialistes est venue conforter mon choix … jusqu’à ce que je lise l’affirmation apparemment contradictoire dans un texte d’Evelyne Charmeux intitulé dans la rubrique Apprendre à écrire / Pour une pédagogie efficace de la production d’écrits (voir http://www.charmeux.fr/ecritpeda.html) trouvé sur son site http://www.charmeux.fr/ où elle s’insurge contre l’exercice de la rédaction en certifiant que on n’écrit pas pour DIRE, mais toujours pour AGIR sur celui avec qui on communique.

C’est un article de fond auquel je souscris totalement. Elle formalise, mieux que je ne pourrais le faire une réflexion très fine sur la production d’écrits. Elle met en avant le fait qu’on n’écrit pas pour dire, au sens de parler, bavarder. Elle insiste sur la fonction de l’écrit qui n’a de sens que si on cherche à communiquer « pour de vrai », en plaçant les élèves dans des situations réelles de communication, ce qui est rarement le contexte de la rédaction ou du texte dit libre et jamais avec un travail de copie ou de dictée.

Je souscris totalement à cette opinion. Nous sommes d’accord sur le fait qu’on n’écrit pas « en l’air ». Et nous sommes là pour prouver aujourd’hui que dès lors qu’on place les élèves dans de telles situations cela marche. Même si les résultats sont modestes.

Bien sûr qu’on n’écrit pas comme on parle. Il n’y a aucun conflit de mots donc entre Evelyne Charmeux et moi. Elle m'a donné l'autorisation de faire référence à ses écrits très vite et fort aimablement Je ne peux donc que vous inviter à la lire dans le texte en suivant les liens ci-dessus.

La découverte du site d'Evelyne Charmeux peut se prolonger sur son blog, qui derrière l'intitulé le blog de l'amie scolaire, cache des articles écrits comme autant de coups de coeur ou de griffe, comme par exemple celui-ci qu'elle vient de m'adresser à propos de la réforme annoncée de la grammaire: Jargon et grammaire, ou quand celui qui jargonne n'est pas vraiment celui qu'on pense...


LA GENESE DU PROJET


Présentation de l’Atelier devant les participants au Salon de l’école, le mercredi 30 janvier 2008

Tout a commencé ici, à Antony, au cours d’un stage auquel je n’aurais jamais du participer, mais

  • Il y avait eu appel de candidatures pour le « sauver »
  • C’était le seul auquel je pouvais prétendre en terme de dates puisque j’étais alors déchargée par une PE2 en stage filé qui ferait parallèlement son stage en responsabilité à même période
  • J’avais mal lu le libellé
  • J’étais donc inscrite un peu par erreur (cela concernait l’écrit en cycle 3)
  • Il y avait des temps morts comme cela arrive parfois…

Par contre

  • Il y avait une excellente ambiance
  • Je n’étais pas un cas isolé. Nous étions nombreuses « égarées »
  • Je me suis aperçue que l’expérience de la maternelle était transposable au cycle 3
  • On guettait les résultats du « mouvement » et j’ai eu connaissance de ma nomination dans une nouvelle école à la rentrée 07/08
  • J’ai appris que le prochain Salon serait consacré à l’écriture
  • Je regrettais de ne pas avoir osé participer il y a six ans quand j’avais été sollicitée par un professeur de français pour présenter une recherche sur l’utilisation de l’album au cycle 3. (à cette époque je ne me sentais pas du tout de taille à pouvoir me présenter devant des collègues)
  • Je me sentais davantage prête même si cela m’affolait un peu
  • Je venais de renoncer à m’engager dans le processus du CAFIPEMPF mais je conservais l’envie de faire une recherche
  • Marie-Noëlle Rolland, Commissaire du Salon et professeur à l‘iufm de Versailles, me faisait confiance
  • J’ai monté un dossier et demandé un stage filé pour mener la recherche sans empiéter sur mon temps de décharge. Mes deux inspectrices (de ma circonscription d’alors et de la future) ont donné leur aval.
  • J’avais un accord de principe de l’équipe d’une école où j’avais enseigné quatre ans auparavant.

J’ai eu la réponse de l’inspection académique en septembre. Isabelle, ancienne collègue, m’a dit « banco » la première. Eric nous a vite rejointes dans l’aventure. Nous avons avancé pas à pas.

Nous ne pensions pas être dans une totale innovation. Mais nous avions envie toutes les deux de retravailler ensemble. C’est souvent le cas quand deux classes se lancent dans de la correspondance. J’ai recueilli de multiples expériences qui se sont construites sur cette base.

Il y avait deux originalités, dont une ne pourrait pas se répéter une année suivante :

- l’idée était de faire une correspondance entre deux écoles et non entre deux classes

- de correspondre avec en particulier des élèves dont j’avais été la maîtresse de maternelle

Le projet s’inscrivait dans une réflexion sur la continuité maternelle/élémentaire, bien élargie par rapport à la liaison GS/CP.

Le but de la recherche était d’explorer les freins et motivations à l’écriture (au sens de production d’écrit) et d’étudier s’il existait un lien entre des difficultés d’apprentissage constatées en cycle 3 et une amnésie pédagogique puisqu’en fin de maternelle les élèves font majoritairement preuve de compétences acquises dans le domaine.

Pourquoi ces compétences se perdraient-elles ensuite en route ? Les blocages sont-ils du côté de l’élève, de l’enseignant, du cadre, ou y a t il un peu de tout cela et d’autre chose encore ? Nous savions que nous n’allions pas révolutionner l’enseignement de la production d’écrits. Nous sommes trop respectueux du travail mené avant nous par célestin Freinet, le groupe d’Ecouen ou par Mireille Brigaudiot.

Nous voulions « apprendre à faire tout seuls » comme le disait si bien Maria Montessori et très franchement je remercie l’institution de m’avoir permis de le faire, même si je n’ai en réalité pas vraiment profité du temps offert par le stage filé. Nous avons vécu des émotions assez fortes qui nous ont donné envie de continuer et même de prolonger une seconde année si c’est possible.

Evidemment nous avons rencontré quantité de problèmes :

  1. La question de l’emploi du temps puisque Isabelle est en stage filé le même jour que moi, à savoir le mardi, et avec obligation d’aller à Boulogne ces jours-là. Je n’allais évidemment pas mener la recherche avec la PE 2 de sa classe
  2. Etant déchargée 3 jours par semaine, et ayant une PE2 dans ma classe le 4ème, je pouvais « techniquement » organiser mon emploi du temps pour me dégager un autre jour … sauf que l’école dont je suis directrice est tellement lourde à gérer que je me culpabilisais de m’absenter. Si bien que je n’ai réussi à la quitter que sur 3 demi-journées seulement entre septembre et fin janvier. Heureusement que le sujet était la correspondance !
  3. Nous avons subi des pannes informatiques, des problèmes de transmission de données. Là encore on a été aidées du fait qu’une des enseignantes de mon école a un enfant scolarisé dans l’autre. Elle a joué le facteur pour gagner du temps.
  4. Les stages filés sont interrompus 3 semaines pendant les stages de responsabilité, et sans remplacement cette année. Je suis donc bloquée dans mon école depuis avant Noël. Et plus encore puisque j’ai du remplacer la PE 2 et prendre une classe que je connaissais mal. Et encore davantage puisque je suis en cours d’inspection. Si bien que même hier, alors que le stage filé reprenait je n’ai pas pu me consacrer à l’intervention de ce matin et revoir Isabelle.
  5. Finalement ce sont deux enseignants (deux classes) de mon ancienne école qui se sont investis. Aucune de ma propre école. D’abord parce que les enseignantes « attendaient » de recevoir du courrier pour en renvoyer. Ensuite parce qu’il y a un taux de rotation hors normes qui complique beaucoup la continuité des apprentissages et des projets. Nul n’est prophète en son pays …
  6. Parce que aussi il y a beaucoup (beaucoup trop ?) de projets à mener de front : Les sorties régulières en médiathèque, ludothèque, centre culturel
    Les spectacles au théâtre municipal
    Les sorties en forêt, une par saison
    Le prix littéraire et la fête de la lecture
    Ecole et cinéma
    Lire et faire lire
    Sans compter la piscine au troisième trimestre
  7. La date du Salon de l’école (30 janvier) arrive très tôt dans l’année scolaire et nous n’avons pas fini l’expérimentation. Mais se heurter au principe de réalité n’est pas une surprise en soi pour des enseignants ...

Par hypothèse nous nous étions refusés à anticiper des résultats. Donc nous n’avions pas d’outils d’évaluation. Si on regarde la quantité produite on a de quoi être déjà satisfaits.

Si on mesure l’investissement des élèves aussi. Ainsi, tous les élèves ont participé, et ils en redemandent …


samedi 9 février 2008

LA SCIENCE-FICTION, UN GENRE QUI STIMULE L’ECRITURE

Pédagogique, la science-fiction l’est aussi dans sa mystérieuse capacité à créer. Les grands lecteurs de science-fiction fondent leur clubs puis leurs magazines, s’y essayant d’abord à la critique avant, fréquemment, de se lancer à leur tour dans l’écriture. Les enseignants le savent bien qui, lors du lancement d’un atelier, se voient parfois répondre quand ils demandent aux enfants ce qu’ils aimeraient écrire : « de la science-fiction ! »

Prudent, l’enseignant les oriente vers des textes moins novateurs : le conte, bien sûr mais aussi le récit court ou les jeux poétiques.

Mais voilà : les enfants ambitionnent souvent une dimension romanesque que le temps, les moyens et les capacités des élèves empêchent de mettre en œuvre. Par ailleurs la science-fiction est un genre délicat à manier : il ne suffit pas d’un décor spatial et de quelques extraterrestres pour obtenir un récit authentique. Trouver une hypothèse originale demande du temps et du travail ; encore faut-il qu’elle tienne la route et mérite d’être travaillée ! Les auteurs le savent bien, qui parfois se contentent de la dimension d’une nouvelle car ils savent que l’exploitation du thème ne pourra pas aller très loin. Lors d’un éventuel passage à l’écriture, il faut aussi veiller à ce que les jeunes auteurs ne répètent pas les poncifs de certaines séries télé. Science-fiction ne signifie pas batailles galactiques ni ET envahisseurs. A cet égard, il est indispensable de décoder les symboles sous-jacents d’un récit en cours de rédaction : imaginer un décor de science-fiction, c’est refaire le monde, devenir démiurge et posséder un pouvoir, certes littéraire, sur des personnages qui ont un poids plus important qu’à l’ordinaire. En effet, dans un récit habituel l’action des héros ne bouleverse que ses amis ou ses ennemis, sa famille, son entourage. Dans la science-fiction c’est souvent une société entière qui est en cause. En faire prendre conscience aux jeunes écrivants peut aussi être l’occasion de leur montrer le pouvoir de l’écriture, et de leur faire découvrir les symboles qui se dissimulent sous l’action ou les relations de personnages.

Et si l’on se contente de faire lire de la science-fiction à des jeunes, il serait dommage de ne pas en profiter pour approfondir et décoder tous les thèmes que le récit aborde et qui ont été listés et explicités dans le chapitre 3 (page 43 et suivantes), quitte à passer par une recherche documentaire … un complément culturel que les auteurs du XIX° siècle introduisaient ipso facto dans leurs récits !

Extrait du livre de Christian Grenier,

La science-fiction à l’usage de ceux qui ne l’aiment pas,

dans la collection La littérature jeunesse, pour qui, pour quoi ?

sous la direction d’Hélène Montardre,

paru en 2003 aux Editions du Sorbier

J'avais présenté ce livre sans avoir le temps de m'y attarder lors du Salon de l'école et je suis heureuse d'avoir la possibilité d'en publier un extrait in extenso plutôt que de le paraphraser. Je remercie le groupe La Martinière qui m’a autorisée à reproduire ici les pages 129-130 du livre de Christian Grenier, un ouvrage passionnant, facile à dévorer, extrêmement documenté, où les enseignants de cycle 3 puiseront des trésors d’idées.

mercredi 6 février 2008

Si nous en avions eu le temps mercredi dernier,
nous aurions rédigé un manifeste qui aurait pu ressembler à ceci :

Les droits imprescriptibles de l’écriveur

Le droit de ne pas écrire.
Le droit de sauter des lignes.
Le droit de ne pas finir un texte.
Le droit de récrire.
Le droit d’écrire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme
(maladie textuellement transmissible)
Le droit d’écrire n'importe où.
Le droit de s’éparpiller.
Le droit de se relire.
Le droit d’écrire dans le secret.

Inspiré de Daniel PENNAC,
Comme un roman.

samedi 2 février 2008

A LIRE EN FEVRIER

Je remercie ici les participants à l'atelier du Salon de l'Ecole puisque j'ai omis de faire circuler une feuille pour recueillir les coordonnées de chacun. J'ai été touchée par l'intérêt qui a été manifesté.

Je voulais "être davantage à la hauteur" des compliments en améliorant la présentation des articles. Hélas, le téléchargement de Blogger For Word n'a fait que compliquer une situation que je maîtrisais jusqu'alors à peu près et qui me conduit désormais sur des chemins obscurs. Plus je cherche, plus je trébuche sur des termes opaques ... mais les jours meilleurs viendront ... avec votre aide si vous le voulez bien.


Vous pourrez bientôt lire :

Plusieurs articles relatant l’expérience présentée au Salon de l’Ecole le 30 janvier dernier, et notamment

  • Un billet sur l’orthographe , première inquiétude de l'écrivant (fait)
  • Quelques réflexions sur la polysémie du mot « lettre » , au travers de la mésaventure racontée par une collègue (fait)
  • L’écriture d’une historiette inspirée des personnages de Strongboy avec l'aimable autorisation d'Ilya Green

ET PUIS ENCORE

  • Un tableau récapitulatif des freins et motivations à écrire, tant du côté de l’enseignant que de celui de l’élève, (fait)
  • Des contributions venant d’autres auteurs,
  • La science-fiction, un genre qui stimule l'écriture (fait)

Continuez à m'envoyer vos réactions et compte-rendus d’expériences … Ils seront remis en forme et édités.



dimanche 13 janvier 2008

Comment faciliter l'écriture ?


Quelle situation proposer à des élèves pour leur faciliter l’écriture ?

Au lieu d’une rédaction sur un sujet fictif (lire ici http://www.charmeux.fr/ecrire.html ) pourquoi ne pas entamer une correspondance avec des personnes réelles et connues ou faciles à rencontrer ? En l’occurrence entre des écoles proches géographiquement mais différentes en termes de population et de niveau de classe.


Cette réponse qui semblait toute simple s’est révélée complexe dans sa mise en œuvre. Parce que c’était méconnaître toutes les implications sous-jacentes à l’acte d’écrire. Mais ce fut aussi le moyen de les mettre à jour puisque en fait le but de la recherche était surtout d’explorer les freins et les motivations à écrire dans un cadre scolaire.


Ecrire une lettre n’est pas du tout facile.

Sans doute parce que dans notre inconscient collectif se sont imprimées un grand nombre de lettres douloureuses : la lettre anonyme d’un corbeau malveillant, l’avis d’imposition, la lettre de dénonciation en temps de guerre, la lettre de licenciement, le faire-part de décès.

Tels étaient les termes du début de l’intervention que j’avais rédigé pour le Salon de l’école quand j’ai reçu par Internet une bien curieuse lettre : voir "Lire entre les lignes"


samedi 12 janvier 2008

Présentation de l'atelier Ecrire pour dire



On me lit, je saute aux yeux. (…) Je suis.
Jean-Paul Sartre, Les mots, Gallimard, 1964


Quelle situation proposer à des élèves pour leur faciliter l’écriture ?

Au lieu d’une rédaction sur un sujet fictif pourquoi ne pas entamer une correspondance avec des personnes réelles et connues ou faciles à rencontrer ? En l’occurrence, entre des classes d’élémentaire et de maternelle distantes de quelques kilomètres seulement.

Cette réponse qui semblait toute simple s’est révélée complexe dans sa mise en œuvre: parce que c’était méconnaître toutes les implications sous-jacentes à l’acte d’écrire. Mais ce fut aussi le moyen de les mettre à jour puisque en fait le but de la recherche était surtout d’explorer les freins et les motivations à écrire dans un cadre scolaire.

Nous interrogerons la polysémie du mot « lettre » et nous retracerons les conditions qui auront été nécessaires pour que les élèves s’engagent personnellement dans l’aventure.

Nous rendrons compte de l’expérience qui a commencé en septembre 2007 et qui n’a pas cessé d’évoluer depuis.

Des exemples relevés dans la littérature, le cinéma et la chanson fourniront plusieurs éclairages sur la correspondance, laquelle est inscrite dans les programmes, depuis la maternelle (cf p.94 des programmes 2002) jusqu’au bac de Français.

Nous verrons que l‘enfant sait écrire bien avant de savoir lire et combien l’écriture est un acte vital.

Nous tenterons de formuler des droits imprescriptibles pour celui qui écrit à l’instar des droits du lecteur rédigés par Daniel Pennac.

D’autres pistes de travail autour de l’écriture pourront être présentées ainsi que des réalisations d’élèves apportées par les participants afin d’enrichir la réflexion et d’ouvrir le débat. Une bibliographie et un dossier seront consultables à l’issue de l’atelier puis par voie électronique.